De nos jours, la pollution chimique est partout : dans l’air que nous respirons, dans l’eau que nous buvons, dans les aliments que nous mangeons. Elle termine donc inévitablement dans notre corps et est responsable de 9 millions de morts chaque année dans le monde. C’est un véritable scandale de santé publique.
Un décès sur six est ainsi attribuable à la pollution, ce qui en fait le facteur de risque environnemental numéro un en termes de maladies et de décès prématurés : c’est trois fois plus que les morts cumulées des suites du sida, de la tuberculose et du paludisme.
Dans l’air, dans l’eau et les sols : la pollution est partout
Dans l’air
Émissions de particules fines liées aux transports et aux feux de cheminée, combustion d’énergies fossiles, incinération de déchets, épandage de pesticides, incendies, réchauffement climatique… Les causes de la pollution de l’air sont multiples et touchent une très large partie de la population mondiale.

Selon l’OMS, en 2018, 93% des enfants de moins de 15 ans dans le monde étaient ainsi exposés à une atmosphère toxique au quotidien, et plus de 40% de la population mondiale est exposée à des niveaux élevés de pollution de l’air d’origine domestique (principalement due aux modes de cuisson polluants).
En Île-de-France, 80% des habitants sont exposés à des niveaux de pollution atmosphérique supérieurs aux recommandations de l’OMS, et 95% des terrains de sport sont exposés à des niveaux de pollution en dioxyde d’azote dépassant les recommandations de l’OMS. 38% des communes franciliennes ont plus de la moitié de leur population exposée simultanément à la pollution de l’air et à la pollution sonore (un autre type de pollution, engendrée principalement par le transport routier et les industries telles que le BTP).
Dans l’eau
Pesticides, polluants éternels, énergies fossiles, métaux lourds, eaux usées, perturbateurs endocriniens, radioactivité, teinture… L’eau est également largement polluée.
Dans un rapport publié au début du mois de février 2025, la Commission européenne alertait ainsi sur l’état critique dans lequel se trouvent les lacs et les cours d’eau en Europe : 60,5% d’entre-eux ne sont pas en bon état écologique, notamment en raison de leur large contamination par le mercure et d’autres polluants toxiques. En France, 31% des nappes souterraines sont polluées aux pesticides et aux nitrates à cause de l’agriculture intensive. Et d’après les derniers chiffres diffusés par le ministère de la Santé, 25% des Français ont consommé au moins une fois en 2023 de l’eau du robinet non conforme aux limites de qualité pour les pesticides chimiques (contre 15,4% en 2022).

Une pollution qui serait d’ailleurs largement sous-estimée, selon l’association Générations Futures, car 56 molécules, issues de la dégradation des pesticides après utilisation, ne sont contrôlées ni dans l’eau du robinet, ni dans les eaux souterraines. Parmi ces substances non surveillées, des premières analyses du Réseau d’action européen contre les pesticides ont retrouvé, entre autres, du TFA dans 94% des eaux potables en Europe. Un polluant éternel présent dans les pesticides qui appartient à la famille des PFAS, des molécules chimiques créées par l’homme que l’on retrouve également dans les poêles en téflon, les imperméabilisants, les cosmétiques, les mousses anti-incendies, …
L’eau du robinet en France est largement contaminée par ces polluants éternels : sur 89 prélèvements étudiés sur le territoire métropolitain par France Bleu et la Cellule investigation de Radio France, 43% contenaient des PFAS. Certains tuyaux d’eau potable sont également contaminés par le CVM, ou chlorure de vinyle monomère, un gaz reconnu comme cancérigène.
Certaines personnes optent donc pour de l’eau en bouteille, pensant (à tort) pouvoir éviter ces pollutions. Pesticide Action Network Europe a en effet détecté du TFA dans 10 eaux minérales provenant de plusieurs pays européens, à des niveaux jusqu’à 32 fois supérieurs à la limite autorisée par l’Union européenne. Parmi elles, la marque d’eau minérale française Vittel qui appartient au groupe Nestlé, engluée par ailleurs dans un scandale de contamination de ses eaux en bouteille (Hépar, Perrier, Vittel, Contrex) aux bactéries, pesticides et PFAS. Certaines marques d’eau en bouteille présentent également des taux importants de microplastiques, et ce phénomène ne s’arrête pas aux seules bouteilles d’eau, puisque les bouteilles Coca-Cola ont, elles aussi, été épinglées.
Dans les sols
Pesticides, polluants éternels, métaux lourds, … Tout comme l’eau et l’air, les sols sont contaminés par diverses pollutions chimiques, et la France n’est pas épargnée.
En raison de son passé industriel, la France comptait, début 2018, 6 800 sites et sols pollués ou potentiellement pollués. L’agriculture est également responsable : 98% des sols du territoire métropolitain sont contaminés à une molécule de pesticides, y compris des terrains n’ayant jamais été traités. Et 76% des sols français contiennent des microplastiques, issus notamment des fertilisants.
Fin 2024, le collectif citoyen Ozon l’eau saine a révélé la pollution massive aux PFAS de terres situées à proximité des usines Arkema et Daikin au sud de Lyon. L’analyse de plus de 200 échantillons de sols collectés par les habitants a révélé des taux importants de concentration en polluants éternels.

Nos aliments et notre corps sont donc inévitablement contaminés
On retrouve des polluants dans nos aliments
Emballages, barquettes à poisson, papiers pour pâtisseries, ustensiles de cuisine, poêles anti-adhésives, cartons de pizza, … On retrouve des PFAS dans de nombreux objets du quotidien en contact direct avec les aliments. Pire, des études ont révélé la présence de polluants éternels directement dans la nourriture que nous mangeons. Oeufs, fruits, légumes, céréales, viandes, produits laitiers, … Tout ce que l’on ingère peut être contaminé par les pesticides, la terre ou l’eau, eux-mêmes contaminés et utilisés pour cultiver ces aliments.
Lait infantile, jambon Aoste, soupe Knorr, … Une enquête d’Avicenn a révélé en 2022 la présence de nanoparticules potentiellement toxiques dans de nombreux produits du quotidien. Sur les 23 produits testés par l’Association de veille et d’information civique sur les enjeux des nanosciences et nanotechnologies, 20 contiennent des nanoparticules. Le constat est d’autant plus accablant que ces produits ne sont pas étiquetés avec la mention « nano », voire parfois non autorisés.
Une étude publiée en octobre 2024 a également démontré la toxicité probable des ustensiles de cuisine en plastique noir, en raison de la présence de retardateurs de flamme, des composés qui ne sont pas censés se retrouver en contact direct avec les aliments. Une autre étude parue au début de l’année 2025 a, elle, révélé la présence de bisphénol A (un perturbateur endocrinien) et de PFAS dans certains emballages alimentaires fabriqués à base de fibres végétales.
En janvier 2025, c’est au tour de l’émission Zone interdite sur M6 de révéler la présence de cadmium, un métal toxique utilisé dans les engrais chimiques, dans certains pains, chocolats, crustacés, céréales et fruits et légumes. En France, 47% des adultes et près d’un enfant sur cinq affichent des niveaux de cadmium supérieurs à ceux recommandés par les autorités sanitaires. Une surexposition qui place notre pays parmi les plus touchés au monde.
Des pesticides interdits au sein de l’Union européenne ont également été retrouvés dans de nombreux produits importés et achetés en France, et on estime en moyenne que 73% des fruits et 46% des légumes issus de l’agriculture conventionnelle présentent des résidus de pesticides (contre 5 à 10% pour les aliments bio).

En plus des PFAS, pesticides, dérivés de pétrole et autres produits chimiques, certains aliments sont également contaminés par les microplastiques et les métaux lourds. C’est le cas notamment des poissons et des mollusques, qui contiennent pour la grande majorité des microplastiques dans leurs intestins et dans leurs chaires. Une vaste enquête de Bloom a également dévoilé, à la fin de l’année 2024, la contamination généralisée au mercure des boîtes de thon vendues dans le commerce.
Sur notre peau
L’enquête d’Avicenn de 2022 a également révélé la présence de nanoparticules dans certains produits cosmétiques (L’Oréal, Nivea, Labello) et produits pour enfants (maquillage festif Snazaroo, brosse à dents Signal Kids). Malheureusement, la présence de produits toxiques dans les produits cosmétiques et hygiéniques n’est pas un fait isolé.
L’Agence européenne des produits chimiques a ainsi annoncé avoir identifié des substances dangereuses dans des centaines de cosmétiques vendus en Europe. Sur les 4 500 produits examinés par l’agence entre novembre 2023 et avril 2024 dans 13 pays européens, 285 (soit 6%) présentaient des traces de ces substances bannies à cause de leur effet nocif pour la santé. Parmi les produits concernés : des eye-liners, des crayons à lèvres, des après-shampooings et des masques capillaires.
En juillet 2024, une étude révélait la présence de plus de seize métaux, dont de l’arsenic, du cadmium, du chrome, du zinc ou encore du plomb, dans les tampons de quatorze marques commercialisées aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Grèce. Et les produits élaborés à partir de coton bio ne font pas exception, les concentrations d’arsenic sont même plus élevées que dans leurs équivalents conventionnels.
Glyphosate, dioxines, phtalates… Déjà l’an dernier, 60 Millions de consommateurs avait révélé la présence de 9 contaminants soupçonnés d’être cancérigènes, toxiques pour la reproduction ou perturbateurs endocriniens dans 24 modèles de tampons, serviettes et protège-slips jetables testés par le journal.
Les produits chimiques toxiques sont également présents dans nos vêtements. On retrouve des dizaines voire des centaines de substances chimiques dans les vêtements et chaussures que nous portons. Certaines substances chimiques, comme les colorants, sont utilisées volontairement au moment de la fabrication. D’autres sont des résidus ou des impuretés, présents en plus ou moins grande concentration. Phtalates, nickel, plomb… Des tests réalisés sur un échantillon représentatif ont révélé que sur 5 vêtements Shein testés, 4 présentaient des problèmes : matériaux de faible qualité, substances toxiques, métaux lourds dépassant les normes européennes.
Et dans notre corps
Les polluants étant présents dans l’air que nous respirons, l’eau que nous buvons et les aliments que nous mangeons, ils se retrouvent inévitablement dans notre corps. Dans une étude publiée en septembre 2024, des scientifiques ont ainsi révélé qu’au moins 3 601 molécules chimiques provenant d’emballages ou d’ustensiles de cuisine – polluants éternels, bisphénols, phtalates, métaux lourds, pesticides, etc. – avaient été retrouvées dans des organismes humains. Soit deux fois plus que les estimations précédentes. Des polluants éternels ont également été retrouvés dans le lait maternel dans 35 pays d’Afrique, d’Asie, du Pacifique et des Caraïbes, ainsi qu’en France près des sites hautement contaminés.
A la Rochelle, 14 molécules différentes ont été retrouvées dans les urines d’enfants, et 45 dans leurs cheveux. Parmi elles, des substances interdites depuis longtemps mais réputées pour leur persistance dans l’environnement, comme le PCP, un cancérigène avéré. D’autres substances correspondent, elles, à un usage agricole, comme le phtalimide (un fongicide), la pendiméthaline (un herbicide) ou encore l’acétamipride (un néonicotinoïde interdit depuis 2018). Aux Antilles, 9 habitants sur 10 ont du chlordécone dans le sang, un pesticide longtemps utilisé dans la culture de la banane.
Lait maternel, placenta et liquide amniotique, poumons, tube digestif, foie, pénis, sperme, cerveaux, … Notre corps serait également massivement contaminé aux microplastiques. Si ces résultats, encore isolés, font débat dans la communauté scientifique, notre contamination aux plastiques inquiète unanimement.
Ce qui affecte notre santé
Si l’espérance de vie augmente dans le monde, certaines maladies, elles, sont en pleine expansion. C’est le cas notamment des cancers, dont l’incidence a quasiment doublé en France depuis les années 1990.
L’expansion du cancer est un phénomène inquiétant dont les raisons ne font plus mystère : le vieillissement de la population, notre environnement et nos modes de vie sont en cause. De quoi donner raison au surnom de « maladie du PIB » du toxicologue André Cicolella faisant écho au taux élevé de cancer dans les pays les plus riches. Le cancer est aussi de plus en plus perçu comme un symptôme de la crise environnementale globale, conséquence de l’exposition aux particules fines, aux pesticides et aux perturbateurs endocriniens. 19 % des cancers dans le monde seraient ainsi dus à des facteurs environnementaux, et plus de la moitié des cancers du sein seraient causés par les pollutions environnementales.
Cadmium, retardateurs de flamme, plomb, phtalates, microplastiques, polluants éternels, pollution de l’air, polluants éternels, pesticides, … Les pollutions environnementales aggraveraient également les risques de cancers, de diabète, de maladies cardiovasculaires, de maladies mentales et de perturbations hormonales et de problèmes de fertilité.
Le cas de la pollution de l’air
Même si la concentration des principaux polluants dans l’air diminue dans le monde depuis les années 2020, certaines substances, comme l’ammoniaque, sont en augmentation, et la pollution de l’air reste un problème majeur de santé publique, notamment dans les villes des pays en développement, à l’instar de New Delhi, de Bangkok ou de Bagdad.
En 2021, la pollution de l’air a ainsi causé 8,1 millions de décès dans le monde. C’est le deuxième facteur de risque de décès dans le monde, devant le tabac ou la mauvaise alimentation. Et plus de 90% de ces morts sont dues à la pollution aux particules fines. La pollution de l’air causée par les incendies est responsable, à elle seule, de 1,5 million de morts par an. Entre 2000 et 2019, 90% de ces décès ont eu lieu dans des pays aux revenus faibles ou moyens, dont 40% en Afrique subsaharienne. Facette parfois oubliée de la pollution de l’air, l’extraction des énergies fossiles, notamment la fracturation hydraulique, et leur exploitation brute, comme l’utilisation de charbon ou de gaz pour la cuisine, sont, elles aussi, responsables de décès prématurés.

En Europe, près de 240 000 personnes sont mortes à cause de la pollution de l’air en 2022 : un chiffre en baisse de 45% par rapport à 2005, notamment grâce au développement des transports en commun et à la mise en place de zones à faibles émissions. Un tableau en demi-teinte néanmoins, car une étude de Santé publique France, publiée à la fin du mois de janvier 2025, affirme que des dizaines de milliers de nouveaux cas de maladies (respiratoires, cardiovasculaires ou encore métaboliques comme le diabète) apparaissent chaque année en France à cause de la pollution de l’air. 15% des cas d’asthme seraient ainsi évitables chez l’enfant si on réduisait le taux des particules fines dans l’air, mais aussi 7% des nouveaux cas de cancers du poumon chez l’adulte, ou encore près de 8% des nouveaux cas d’hypertension artérielle.
La pollution de l’air entraînerait des problèmes d’infertilité chez les hommes, et pourrait réduire les chances de survie des ovules et de fécondation lors des procédures de FIV. Elle provoque des malformations des fœtus et des premières règles plus précoces chez les jeunes filles. L’exposition des fœtus et des jeunes enfants à la pollution de l’air est également associée à une augmentation du risque d’être confronté à des problèmes de santé mentale à l’âge adulte, notamment à des symptômes dépressifs (augmentation des risques de 10 %) et à des expériences psychotiques, y compris les hallucinations et les pensées paranoïaques, (augmentation des risques de 9 à 11 %).
Le cas de la pollution sonore
La pollution sonore entraîne de la gêne, des perturbations du sommeil, accroît le risque de développer des maladies cardiovasculaires ou du diabète, et diminue la capacité d’apprentissage. D’après une étude de Bruitparif publiée en 2021, elle serait responsable d’un coût social de 43 milliards d’euros au sein de la région Île-de-France.
La pollution sonore pourrait également augmenter le risque d’infertilité chez les femmes : l’exposition prolongée à de forts niveaux sonores de trafic routier a en effet été associée à un risque accru de 14% d’infertilité chez les femmes de plus de 35 ans.
Le cas des microplastiques
Comme nous l’avons vu plus haut, les animaux marins ingèrent de grandes quantités de micro et nanoparticules de plastique, ce qui n’est pas sans conséquence sur leur santé. Non seulement ils bloquent les systèmes digestifs, mais les micro et nanoplastiques activent également leur système immunitaire, engendrent des cassures de l’ADN ou encore affectent l’expression d’un grand nombre de gènes impliqués dans de nombreuses fonctions cellulaires essentielles pour les organismes.
Une fois ingérés par les humains, les microorganismes en pénétrant dans l’organisme causent potentiellement des dommages similaires à ceux observés chez les poissons, puisque les molécules sont identiques. Des recherches sur les cellules humaines ont montré un effet des micro et nanoplastiques sur les mêmes fonctions cellulaires que celles évoquées chez les organismes marins. Les micro et nanoplastiques sont également susceptibles de transporter des pathogènes ou des bactéries à travers l’environnement et potentiellement jusqu’à notre organisme, présentant ainsi un risque supplémentaire de faire émerger des maladies infectieuses.
Une étude publiée en mars 2024 montre une association entre l’accumulation de ces particules dans les vaisseaux sanguins avec un risque accru de crise cardiaque, d’AVC, voire de décès, chez certaines personnes atteintes d’athérosclérose, une maladie touchant les artères. Une autre étude publiée en décembre 2024 montre, elle, le lien probable entre la présence de microplastiques dans l’air et l’apparition de cancers du poumon et du côlon. La pollution aux microplastiques pourrait également favoriser l’émergence de la maladie d’Alzheimer et les problèmes d’érection.
Ces effets sont dépendants de nombreux paramètres propres aux plastiques tels que leur taille, leur composition, leur état de vieillissement, mais également leur teneur éventuelle en additifs chimiques dangereux. À titre d’exemple, les plastiques contiennent parfois des quantités importantes de phtalates ou de bisphénol A, des perturbateurs endocriniens dangereux pour l’homme.
À ces toxicités s’ajoute celle spécifique des nanoplastiques, liée aux propriétés de ces particules qui peuvent interagir avec nos propres molécules biologiques. Les experts de l’université de West England dans un rapport rendu à la Commission européenne en 2023 ont montré que les nanoplastiques peuvent interagir avec des protéines, des lipides, des acides nucléiques et former des couronnes de nanoplastiques qui facilitent leur absorption et leur translocation. Autrement dit, qui leur permettent de mieux passer les membranes biologiques.
Le cas des polluants éternels
Maladies cardiovasculaires, maladies thyroïdiennes, diabète, cancers, affection du foie, baisse de la fertilité, poids plus faible à la naissance, naissances prématurées, malformations du fœtus, asthme, endométriose, puberté précoce, … Les polluants éternels seraient responsables de nombreuses maladies et auraient des effets graves sur notre santé. Ils auraient aussi des effets sur le système immunitaire, avec une diminution de la réponse vaccinale chez les enfants. 16 millions d’Européens, dont 2 millions de Français, seraient ainsi affectés par des pathologies dues à une exposition aux substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS).
Une étude publiée à la fin de l’année 2024 a également montré qu’il existait un risque accru lorsque l’exposition aux PFAS était combinée à une pollution aux microplastiques. Les auteurs de l’étude ont exposé des puces d’eau à des mélanges de substances toxiques et ont constaté qu’elles souffraient d’effets sanitaires plus graves, notamment d’une baisse du taux de natalité et de problèmes de développement, tels qu’un retard de la maturité sexuelle et un retard de croissance. La recherche a également montré que les puces précédemment exposées à la pollution chimique étaient moins capables de résister aux nouvelles expositions.
Le cas des pesticides
Tout comme les polluants éternels, d’ailleurs présents dans les pesticides, à l’instar du TFA, ces substances chimiques seraient également cancérigènes. Plusieurs types de cancers (prostate, lymphomes non hodgkiniens et myélomes multiples) sont ainsi plus répandus dans les populations d’agriculteurs que dans la population générale. Ce qui est aussi le cas de diverses maladies neurodégénératives et respiratoires.
Au-delà des cancers, des données de plus en plus nombreuses et convergentes indiquent que l’exposition aux pesticides a pour conséquences d’autres effets sur la santé, notamment sur le cerveau. Ainsi, d’après les expertises collectives de 2013 et de 2021 de l’Inserm, le niveau de présomption du lien entre l’exposition aux pesticides et le développement d’une maladie de Parkinson est fort.
Certaines altérations respiratoires chroniques ont donné lieu à un grand nombre d’études probantes au cours des dix dernières années, amenant l’Inserm à la conclusion d’un niveau de présomption fort entre l’exposition aux pesticides et le risque de développer une bronchopneumopathie chronique obstructive, une grave maladie inflammatoire des bronches.
Pollutions : que peut-on faire à notre échelle pour se protéger ?
- Bannir au maximum les produits chimiques de son quotidien, notamment les produits chimiques ménagers.
- Éviter à tout prix les contaminations aux microplastiques (présents dans les bouteilles d’eau, les sachets de thé, les tupperware en plastique, dans certains produits cosmétiques, …), réduire sa consommation de plastique (notamment dans les fibres textiles) et ne pas laver ses vêtements à trop haute température pour éviter le rejet de microplastiques dans la nature.
- Privilégier les aliments issus de l’agriculture biologique et éplucher, laver avec du vinaigre ou cuire les fruits et légumes issus de l’agriculture conventionnelle.
- Bannir les PFAS de son quotidien (adieu les poêles anti-adhésives, le maquillage waterproof et les vêtements imperméables contaminés), prenez l’habitude de regarder systématiquement la composition de ce que vous achetez !
- Aérer quotidiennement son logement pour lutter contre la pollution de l’air intérieure.
- Prendre le vélo ou les transports en commun plutôt que la voiture pour participer à la réduction de la pollution de l’air
- S’informer sur la qualité de l’eau de sa commune en appelant directement sa mairie ou bien directement grâce à cette carte. En cas de contamination, vous pouvez faire bouillir l’eau du robinet, ou bien la filtrer. Tout dépendra du type de contamination !
- Arrêter de fumer (le tabac favorise l’accumulation de certaines substances comme le cadmium)
- Soutenir les associations et collectifs citoyens qui se mobilisent sur le terrain (c’est grâce à la mobilisation citoyenne que la loi contre les PFAS a été adoptée par l’Assemblée nationale !)
- Interpeller les élus et décideurs politiques, en participant par exemple à la campagne #TousExposés sur les pesticides.
Pour aller plus loin
- L’approche One Health
- Le film Erin Brockovich, seule contre tous
- Le film Dark Waters
- Le film Goliath
- Le documentaire Toxic Bodies
Article écrit à l’origine pour Regen School